Confinement – Jour 16

Diling diling diling – Aujourd’hui, on s’est échappé ! On avait bien préparé notre coup ! Enfin, ça faisait un moment qu’on était sur le dossier. Fuir Paris. On s’était d’abord renseigné sur la possibilité de prendre un Huber pour l’Allier. Trop cher ! Avec Heetch, idem. J’ai bien pensé louer une voiture. Vu la circulation sur les routes, je m’en serais sortie. Mais je me suis dit qu’un véhicule particulier se ferait davantage arrêté qu’un véhicule pro ! J’en ai dans le cerveau, moi, je réfléchis ! Et puis j’ai eu l’idée de demander au primeur, en bas, s’il ne connaissait pas un transporteur qui faisait la navette Paris/Vichy ou Clermont. Moulins est sur la route. Je l’ai baratiné qu’il fallait absolument qu’on descende s’occuper de notre mémé. Bah, la pauvrette, elle s’ennuie toute seule dans son urne. Fallait qu’on aille lui faire des bisous. Pour ceux qui ne sont pas au courant, notre petite mémé s’est éteinte dans son sommeil, le 30 décembre dernier, à l’âge de cent quatre ans et demi. Elle n’a pas assisté à tout ce merdier, et c’est tant mieux. Et donc, on ne risque pas de la contaminer. Bref, le primeur a trouvé quelqu’un. Mais, puisqu’il y a un mais, le mec en avait fait un business. Quatre cents euros pour nous deux. Plus du double du prix en train. Mais il était sûr de son coup ! Rendez-vous a donc été pris. Lever aux aurores. Il est cinq heures, Paris s’éveille. Paris s’éveille. Il faisait froid. Le primeur nous a mis dans sa camionnette, direction Rungis. Là, on a retrouvé notre passeur. L’homme avait une bonne tête. En tout cas pas la tête qu’on se fait d’un escroc. On est monté dans la cabine. La vache c’est haut. C’est la première fois qu’on montait dans un camion aussi gros. On a mis nos valises avec les affaires du mec. Il nous a prévenues que sur la route, il pouvait y avoir quelques contrôles de police. Lui et ses collègues routiers se transmettaient les infos. C’est tout un réseau, en fait. Bref, nous voilà parties. On n’a pas croisé de gendarmes. On a même pu faire une pause pipi. Le gars était super sympa. Il nous a même fait une ristourne ! Mémé n’en revenait pas quand elle nous a vu arriver ! Elle a dit : « Fallait pas prendre tant de risques pour v’nir me voir ! » Ah ben oui, les cendres de notre mémé nous parlent. Alléluia ! On va passer le reste du confinement, dans une grande maison avec jardin ! Ah nous les barbecues et les déj au soleil ! L’ennui c’est qu’il n’y a pas la wi-fi. D’habitude pour trois quatre jours on s’en fout, mais pour quinze ça risque de faire long. C’est un beau roman, c’est une belle histoire, C’est une romance d’aujourd’hui, d’aujourd’hui. À part ça, j’ai voulu aller à la poste, pour envoyer une fournée de masques que j’ai cousus toute la journée. Ils fermaient à quatre heures, les cons. J’étais dégoûtée ! Du coup je suis allée chez Picard et j’ai acheté des pizzas et des curly cacahuète pour l’apéro ! Y’a toujours pas de farine, nulle part. Ah oui, et tout ce que je vous ai raconté avant, à propos de notre road trip était faux ! C’était pour vous faire une blague, parce qu’aujourd’hui, on est quel jour ? Le 1er avril, ouiii ! Poisson d’avril. Par contre, j’ai adopté un chien pour pouvoir sortir plus souvent… et j’ai un masque !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s