Confinement – Jour 30

Diling diling diling – J’ai changé le chiffre du jour de réclusion, passant de 29 à 30 comme, tous les jours, depuis que j’écris la chronique et là, je ne sais pas, mon cerveau a bugé. J’ai cru une fraction de seconde qu’on était à la fin du mois, et que finalement ce n’était plus si long, que la libération était proche. Pourtant, c’est pas comme si je ne le sais pas, hein, qu’on vient d’en reprendre pour 25 jours exactement. « Mais cette machine dans ma tête
Machine sourde et tempête
Mais cette machine dans ma tête
Leitmotiv, nuits secrètes
Tatoue mon âme à mon dégoût ».
J’ai le seum. En même temps, aujourd’hui, j’ai fait une expérience du dehors épouuuuventable. On est allées faire des courses. D’habitude c’est la fête ! Je devais aller à la poste, Sandrine à la banque, puis, on devait se rejoindre pour faire quelques courses au Monop. Une heure, toutes files d’attente confondues, c’est short ! En route je m’aperçois que j’ai oublié mon masque…Misère ! Tant pis, pour une fois ! Pfff, tout le 18eme arrondissement avait décidé de mettre ses lettres en boîte, ma parole ! D’habitude, ça va super vite… Une demi-heure de queue, avec un mec, à une personne de moi, qui tousse à cinquante centimètres de son coude. Le mec, il esquissait le mouvement. T’as une tendinite ou quoi, gars ! Ça m’a grave énervée. Mon tour arrive. 
« Tiens ! voilà l’facteur
Son p’tit air est affranchi
Comme ses lettres et ses colis
Tiens ! voilà l’facteur… »
Les employés sont en grande discussion. L’une d’entre eux, qui vient de prendre son service, est visiblement contrariée. Elle dit à deux de ses collègues en particulier, un homme et une femme : « Pourquoi vous êtes là ? Vous ne devriez pas être là. Vous n’avez pas parlé aux responsables. Ils sont où ? Ils ne vous ont rien dit ?» Bah, visiblement non, ils n’ont pas été prévenus, mais de quoi, au fait ? Ça m’intéresse, moi, les disfonctionnements des services postaux ! Ça fait trente minutes que je me fais chier, une petite distraction, pour me faire redescendre en pression, c’est pas mal ! Alors, qu’est ce qui ne tourne pas rond, ma p’tite dame ? Oups, elle continue : « Vous ne devriez pas être là, son père a été testé positif au Covid ». L’employée en question, elle, est arrêtée du coup ! Un collègue dit : « mais on est sûr que c’est le coronavirus ». « Ah ben oui, il a le covid, ils l’ont transféré à l’hôpital, et vous, vous avez travaillé avec personne qui a côtoyé un malade ». V’là l’ambiance ! Le jour où j’ai pas de masque ! Je veux m’enfuir, mais je n’ai pas attendu trois plombes pour partir sans faire timbrer mes lettres ! Un mec, prend mes lettres – pas monsieur presque covid, mais un autre qui travaille tout à côté de lui – et là, au lieu de coller un timbre, il inscrit, juste le montant au crayon à papier, de l’oblitération… Tu te fous de ma gueule là dis donc ! Ouh ouh, allo, si c’est ça, j’aurais pu, moi aussi, gribouiller n’importe quoi sur ma lettre. J’étais au bord de l’implosion. Dehors, je cherche frénétiquement mon gel désinfectant dans mon sac, pour me récurer les mains, jusqu’à ce que mort du virus s’en suive ! impossible de le trouver ! Sandrine, qui a fini par aller seule au Monop, vu que j’étais coincé en sas de contamination, m’envoie des messages pour savoir ce qu’elle doit acheter. Tu veux des yaourts ? À quel parfum ? Au gel hydroalcoolique ! Waouh, c’est flippant la vie dehors ! Qu’est-ce que ça va être quand ils auront relâché tout le monde ! Finalement je préfère m’ennuyer à la maison… et faire des masques ! 

Cargo – Axel Bauer
Tiens voilà l’facteur – Bourvil

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