Confinement – Jour 32

Diling diling diling – Je suis crevée. Sandrine pareil ! Elle est même allée faire une sieste.
« Fatigué d’habiter sur la planète Terre
Sur ce brin de poussière, sur ce caillou minable
Sur cette fausse étoile perdue dans l’univers
Berceau de la bêtise et royaume du mal
Où la plus évoluée parmi les créatures
A inventé la haine, le racisme et la guerre
Et le pouvoir maudit qui corrompt les plus purs
Et amène le sage à cracher sur son frère »
Moi, je pensais que le confinement ça ressemblerait un peu à des vacances ! Erreur ! Finalement, on se retrouve à en faire plus que d’hab. Comme si combler le temps qui nous est imparti, donnait plus de sens à ce confinement ! Ranger plutôt que se promener. S’activer plutôt que rêvasser. Écrire des chroniques plutôt que de se vautrer devant la télé (hihihihih). Tuer ce trop-plein de temps qui nous a été imposé, sans que l’on puisse vraiment en faire ce que l’on veut. Bah, oui, personne de normalement constitué, se dirait : « Chouette, j’ai deux mois devant moi, je vais m’enfermer à la maison, sans sortir ». À moins, bien sûr, d’avoir signé pour une saison « revival » du Loft, cette célèbre émission de téléréalité où des crétins se laissaient enfermer dans une baraque, sans rien d’autre à faire que de se supporter, et en espérant y rester le plus longtemps possible. Un enfermement consenti VS un confinement subi. Bref, c’est comme si perdre son temps était devenu une faute de goût. Comment avez-vous pu perdre à ce point votre temps ? Nous avons le regret de vous annoncer une grande perte de temps ! Peut-être est-ce une façon de s’exonérer de cette charge mentale moralisatrice, culpabilisatrice, de ne servir à rien, alors que d’autres travaillent jusqu’à épuisement, comme des fourmis, pour sauver les petits humains que nous sommes. Et puis chaque soir, à vingt heures, ce temps se fige, pour applaudir justement ces petits êtres qui courent. Nan, je ne parle pas des joggeurs ! Le temps à tuer laisse place à celui de se rassembler. Je suis fascinée par ce moment. Certains en font plus que d’autres. Ils décorent leur balcon, se déguisent, mettent de la musique à fond. Comme si ce moment de socialisation devait être vécu à fond, comme une communion festive. Chelou ! D’autres saluent tout le monde, à tout va. Et puis il y a les non-concernés, comme ce jeune couple en face, souvent assis à la table de leur petit balcon, qui fait comme si rien ne se passait. Euh beurk, on ne va pas faire comme tous ces « ieuves ». Mais, ce qui est drôle c’est que, quand le mec n’est pas dehors, qu’il fait du vélo d’appartement, la fille, elle, applaudie.
« Hier on se regardait à peine
C’est à peine si l’on se penchait
Aujourd’hui nos regards sont suspendus
Résidents, résidents de la République
Où le rose a des reflets bleus
Résidents, résidents de la République
Des atomes, fais ce que tu veux ».
En fait ce confinement ce n’est qu’une question de temps. Dans tous les sens du terme, puisqu’après viendra celui du déconfinement, et là, il faudra rattraper ce temps confisqué. À la recherche du temps perdu ! Bah oui, ça n’en finit pas. Il est un peu tard et déjà voici venir le temps, nan pas de l’île aux enfants – manquerait plus que ça ! – nan, de l’apéro. Je n’ai plus le temps… Mais j’ai un masque, celui du temps qui passe !

Fatigué – Renaud
Résidents de la République _ Alain Bashung

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