Confinement – Jour 33


Diling diling diling – Docteur Levent prend son stéthoscope et s’apprête à ausculter sa patiente qui a l’air plutôt mal en point :
– « Madame Lhumanité, je ne vais pas vous le cacher, votre état est préoccupant. Vous respirez beaucoup mieux, mais vous toussez encore beaucoup, et cette fièvre persistante m’inquiète. Je dois vous ausculter – “Dites 33” – Je vous ai déjà prescrit un arrêt de travail de trente-trois jours. C’est beaucoup ! Mais, je crois qu’il va falloir le prolonger un peu ! Surtout que vous développez des complications ». Le médecin écoute sa respiration, les battements de son cœur, puis il lui prend le pouls, à l’évidence trop rapide ! « Vous avez attrapé là, un vilain virus ! On dirait que les spores de champignons vénéneux ont colonisé votre corps !»
Madame Lhumanité tient à peine débout. Elle est exsangue. Ses yeux sont cernés de noir, son teint est cireux et elle se gratte frénétiquement les jambes :
– « Mais docteur Levent, c’est en grande partie de votre faute. J’allais mieux, et de nouveau ma santé s’est dégradée. Subitement ! À force de souffler le chaud et le froid, vous avez ravivé le feu qui ronge mes poumons. La douche que j’avais prise l’avait stoppé quelque peu. Mais le voilà reparti plus fort que jamais et s’il continue de s’étendre, mon cœur, cette centrale, n’y survivra pas. Et puis tous ces criquets qui me martyrisent les jambes…»
Docteur Levent :
– « Que voulez-vous dire ? Vous avez des fourmis dans les jambes ? C’est un nouveau symptôme ! »
Madame Lhumanité :
– « Non docteur, c’est l’un des premiers qui s’est abattu sur moi. Tout a commencé par-là ! Ce sont ces satanées bestioles qui m’ont vidée de ma substance. Et ça revient, en vingt fois plus fort ! C’est horrible. Et je n’ai gère plus de résistance qu’un fétu de paille. On dirait qu’une tornade m’est passée dessus. Tel que vous me voyez là, j’ai l’impression de n’être que miettes ».
Docteur Levent :
– « Ne vous inquiété pas Madame Lhumanité, je vais vous remettre sur pied. Un peu de Quinine, un bon régime d’austérité, peut-être même une saignée. On verra bien ce que cela va donner. Monsieur Pipeau, mon infirmier, va vous faire des ordonnances à surtout respecter sous peine de rechute, des prescriptions à appliquer, même si elles vous paraissent contradictoires, et il vous indiquera ce que vous me devez, évidement ».
Monsieur Pipeau :
– « Et bien Madame Lhumanité, le docteur Levent vous a-t-il rassuré ? Ne vous inquiétez pas, vous retrouverez les jours heureux. J’en ai la conviction ! Il vous faut retrouver la résilience qui, seule, peut permettre de faire face aux crises à venir. Moi, par exemple, je n’ai jamais rien imaginé, car je me suis toujours placé dans les mains du destin !* À bientôt Madame Lhumanité. Ah, pardon, voici la facture à régler, sans délais ! ». En apparté : « dans son état, on ne sais jamais ! »
Madame Lhumanité s’en va, trainant son manteau d’infortune, dont elle n’a plus la force de couvrir ses épaules. Elle chancelle, trébuche mais se retient. Arrivera-t’elle à se remettre des fléaux qui s’abattent sur elle ? La suite au prochain épisode.
Et pour ceux qui n’ont rien compris à ce histoire, il n’est question que du virus, de Tchernobyl, de criquets, de tornades et de politique française… Et ben oui, je vous avais annoncé trop prématurément que le danger de l’incendie, qui menaçait le sarcophage qui entoure Tchernobyl, s’était écarté avec la pluie. Mais voilà la centrale de nouveau menacée par les flammes que le vent a ravivées. Les fumées chargées de poussières radioactives balayent joyeusement les ciels d’Europe. Ailleurs, en Afrique de l’Est, une deuxième vague de criquets pèlerins s’abat sur plusieurs pays. L’orgie s’annonce redoutable. On estime qu’elle sera vingt fois pire que la première vague survenue il y a deux mois, et dont je vous avais déjà parlé. Aux États Unis, les tornades s’amusent à déchiqueter les habitations. Et pendant ce temps-là, notre Président, qui vaque à son destin, fait des bons mots !
« Y a d’la joie
La tour Eiffel part en balade
Comme une folle elle saute la Seine à pieds joints
Puis elle dit:
Tant pis pour moi si j’suis malade
J’m’ennuyais toute seule dans mon coin
Y a d’la joie (….)
Y a d’la joie et du soleil dans les ruelles .Y a d’la joie. Partout y a d’la joie »… et des masques !


Phrases extraites des différents discours d’E.Macron
Y’a de la joie – Charles Trenet

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