Confinement – Jour 39

Diling diling diling – Jour 39, comme mon âge ! Quoi ? ça pourrait être vrai ! Ben, si ! Aujourd’hui, on est allé faire des courses au Monop. Le 18e Bobo avait des airs de vacances. On se serait cru au mois d’août, la queue devant les magasins et les masques fabrication maison en plus. Les flics qui tabassent les contrevenants aux dérogations de sortie en moins. Il fait beau, les gens se baladent. Il y avait même deux bonshommes qui s’étaient donné rendez-vous sous un arbre, avec champagne et coupes, et ils trinquaient ! À la vie, à la fin ? En même temps, quitte à crever après le déconfinement, autant profiter d’un peu du bon temps maintenant. Bah oui, on a vu, aujourd’hui, des images des rames de métro. Elles étaient bondées. Les passagers ne pouvaient, bien évidemment, pas respecter les distances de sécurités et peu portaient des masques. 
« Je suis le poinçonneur des Lilas
Arts-et-Métiers direct par Levallois
J’en ai marre j’en ai ma claque
De ce cloaque
Je voudrais jouer la fille de l’air
Laisser ma casquette au vestiaire
Un jour viendra j’en suis sûr
Où je pourrais m’évader dans la nature
Je partirai sur la grande route
Et coûte que coûte
Et si pour moi il n’est plus temps
Je partirai les pieds devant… »*

Alors j’imagine l’après 11 mai, quand tous les magasins auront réouverts et que le travail de bureau aura repris. C’est pas gagné ! Allez hop, tous au boulot, les mioches compris ! Et dans les mêmes conditions de l’avant confinement ! Ah ben oui, désolée mesdames, Messieurs les ministres, on n’est pas dans Harry Potter, et il n’y a pas formule magique pour faire s’agrandir les salles de classe et les métros. Ni d’ailleurs pour allonger les jours pour permettre à chacun de travailler en horaires décalés. Au-delà de 24 heures, ben c’est le jour d’après. Bienvenue dans le monde réel ! Alors oui, il y aura des tests, oui, mais uniquement pour les gens présentant des symptômes. Par contre, il n’y aura toujours pas de traitement. Pas de vaccins, non plus. Des masques pour tous, peut-être, ça dépendra des préfectures ? Gratuits ? Rien n’est moins sûr. Il semblerait que « des protections grand public », c’est-à-dire en tissus, seront mises en vente au prix de cinq euros. Bof, les pauvres peuvent bien mourir, d’autres les remplaceront bien assez vite !
« Y’en a tant qui se sont perdus
A rêver plus haut que leur cul
Qu’y ont même pas leur nom sur une rue
Soit déjà fier de ton parcours
Le bonheur c’est pas un concours
As-tu au moins trouver l’amour
Quand on est pauvre
C’est pour toujours
Quand on est pauvre
C’est pour toujours
Quand on est pauvre

C’est pour toujours… »**
C’est la crise ma bonne Lucette, le gouvernement ne peut quand même pas protéger 67 millions de Français ! Il en fait déjà beaucoup. Tiens, par exemple, il s’est mis en quatre pour faire fabriquer, par les fleurons de l’industrie Française, dix mille respirateurs artificiels pour les malades Covid. Vendu à prix coûtant par l’entreprise Air Liquide, s’il vous plaît ! Rhoo, c’est sympa de participer à l’effort de guerre. Seulement 3000 euros pièce, soit 30 millions d’euros, une bagatelle. Manque de pot, dans son empressement, le gouvernement n’a pas demandé l’avis des experts, se contentant de celui des commerciaux de l’entreprise : « Mais si, ils sont super nos respirateurs. Les essayer, c’est les adopter ! » Hélas non, ils ne sont adaptés qu’à des situations d’urgence ponctuelle ou dans le cas de transports de patients. Inutiles pour ventiler les malades covid. ? Euh, vous ne vous seriez pas fait entuber par Air liquide ? Pas grave, on les filera au « pays sous-dev ». Contrairement à ce que pensent nos dirigeants, les Français ont un semblant de jugeote et se rendent bien compte que c’est plié ! Leurs vacances d’été s’éloignent comme un mirage. Là aussi, le gouvernement essaye de noyer le poisson : « Vous devez réfléchir à prendre vos congés d’été plus tard ! » Ah pardon, puis-je vous contredire ? Plus tard c’est plus l’été, c’est l’automne ! L’OMS n’arrête pas de rappeler qu’il n’y a pas de preuves d’immunité après infection. Je ne veux même pas savoir où en sont l’incendie à Tchernobyl et l’invasion des criquets. En fait, il ne nous manque plus qu’une belle canicule, une éruption volcanique ou un tremblement de terre et on est bon. Je vais aller prendre une petite bière à la terrasse d’un café pour fêter ça, je ne risque rien, j’ai un masque !

*Le poinçonneur des Lilas – Serge Gainsbourg
**Quand on est pauvre – Serge Lama

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