Confinement – Jour 45

Diling diling diling – C’est le 1er mai. Il reste 244 jours avant la fin de l’année. Et 10 jours avant la fin du confinement ! Et qui c’est qui nous a fait un petit discours surprise, aujourd’hui, sur son compte Tweeter ? C’est notre cher Président. Il avait encore préparé sa petite poésie des beaux jours.
« Encore une journée divine. Commence, Winnie. Commence ta journée, Winnie. Hou-ouh ! Hou-ouh ! […] Aucun goût – pour rien. Aucun but – dans la vie – pauvre cher Willie […] Qu’est-ce que je pourrais bien faire toute la journée ? – J’veux dire du moment où ça sonne pour le réveil – Jusqu’au moment où ça sonne pour le sommeil ? »*
Ah non, ça, c’est Beckett. Nan, Macron ne s’est pas fendu d’un texte sur l’absurdité de la condition humaine. Nan, lui, il a voulu célébrer le travail incarné selon lui par « l’esprit du 1er mai». Il a dit : « Cet esprit de solidarité entre les travailleurs n’a peut-être jamais été aussi puissant, aussi vivant, car c’est bien grâce au travail, célébré ce jour, que la Nation tient ». Rhooo il se souvient de ces derniers de cordée, ces salauds de pauvres qui coûtent un pognon de dingue ! Mais euh, allô, y’a erreur là, ce n’est pas le travail qui est célébré aujourd’hui, hein, mais les luttes pour rendre ce travail plus digne et humain ! Le 1er mai, c’est la journée internationale des travailleurs, qui commémore les luttes pour la journée de 8 heures. C’est pas la même chose ! Dans les cortèges qui défilent d’habitude ce jour-là, les manifestants ne s’égosillent pas avec entrain sur « heigh-ho. Heigh-ho, heigh-ho. Heigh-ho. On rentre du boulot ! » Mais bon, il le sait ça, Macaron, il nous a déjà fait le coup l’année dernière. Il joue sur le sens des mots.
« Parole, parole, parole, parole, parole
Encore des paroles que tu sèmes au vent
Vois mon destin te parler…
Te parler comme la première fois.
Encore des mots toujours des mots,
Les mêmes mots… »

Il continue de nous prendre pour des quiches. Bref, il reste fidèle à lui-même, droit dans ses bottes. Son discours est bien rodé : gnagnagna le travail c’est bien ! Oui oui, on sait, le travail c’est la santé… Surtout en ce moment y’a pas à dire ! À d’autres ! Il a conclu par ces belles paroles optimistes. Il sait tellement bien faire ça, Macaroni, postillonner de l’espoir. Il a parlé de cette « volonté forte (de) retrouver dès que possible, les 1er mai joyeux, chamailleurs parfois, qui font notre Nation ». Et de conclure : « Mes chers compatriotes nous les retrouverons ». C’était beau. Petit tacle au passage aux syndicalistes. Ces braves petits que se chamaillent ! C’est pas bien méchant ces piailleries et surtout à peine dérangeant ! Allez rien ne change, tout se transforme en autre chose, pareille qu’avant ! Heureusement le 1er mai c’est aussi le jour du muguet et, dans la tradition celtique, c’est surtout le jour de la fête de Beltaine, date à laquelle on passe de la saison sombre à la saison claire. Moi aussi je peux insuffler des notes douces d’espoir. De toute façon :
« Je ne veux pas travailler
Je ne veux pas déjeuner
Je veux seulement l’oublier
Et puis je fume ( parce qu’il y a de la nicotine et que ça soigne le covid !)
Je ne suis pas fière de ça
Vie qui veut me tuer
C’est magnifique être sympathique
Mais je ne le connais jamais
Je ne veux pas travailler
Non
Je ne veux pas déjeuner
Je veux seulement l’oublier
Et puis je fume… »***
… Et j’ai un masque !

*Oh les beaux jours – Samuel Beckett
** Paroles, paroles – Dalida/A. Delon
***Je ne veux pas travailler! – Pink Martini

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