Confinement – Jour 52

Diling diling diling – Aux balcons, certains ont accroché des guirlandes lumineuses. Elles scintillent le soir, comme des petits clins d’œil à la vie. Sparkling life ! Ce n’est plus le déconfinement qui s’annonce, c’est Noël pour qui veut bien y croire encore.
« Petit Papa Noël
Quand tu descendras du ciel
Avec des jouets par milliers
N’oublie pas mon petit soulier
Mais, avant de partir
Il faudra bien te couvrir
Dehors, tu vas avoir si froid

C’est un peu à cause de moi… »*
Même le père Noël risque d’être contaminé. D’abord, il est tellement vieux qu’on le dit sans âge, et pour ce que j’en sais, il est bien enrobé. Comorbidités ? Trop gros pour passer dans les cheminées. Diète. Alors, si on veut le revoir en décembre, vaut p’être mieux le laisser où il est. Toute façon, c’est certainement le père Fouettard qui va se présenter sur le palier réclamer ses étrennes pour garnir son petit bas de laine ! L’addition, s’il vous plaît ! Trop cher ! Il se tient en embuscade pour nous faire des croche-pieds. Surtout ne pas y penser. Ce qui est sûr, c’est que lundi la vie reprend, même si c’est la vie d’avant ! Pas mieux – p’être pire ! Les petits humains que nous sommes iront frétillants et masqués faire la tournée des magasins et faire des dépenses inconsidérées, la tête pleine de paillettes, le sourire aux yeux, et la peur tapie au fond du ventre !
« C’est la fête de trop ! 
Moi je l’ai faite, défaite et ça jusqu’au fiasco, c’est la fête de trop ! 
Regarde je luis de paillettes et me réduis au KO, c’est la fête de trop !
Moi je l’ai faite, défaite et ça jusqu’au fiasco, c’est la fête de trop ! 
Regarde je luis de paillettes et me réduis au KO (torse)… 
»**
Sans remède. Peu d’espoir. Qu’allons nous pouvoir faire d’autre de ce semblant de normalité. S’ennuyer ? Allez voir les parents ? Faut prendre le métro et ça fait flipper. Une étude chinoise vient de révéler que les principaux foyers de Covid se cachent dans les rames et les couloirs des métros. Trop confinés, pas aérés, de vrais incubateurs à virus… On pourrait envisager d’y envoyer en premier le ministre des transports ou Pénicaud pour tester. Ils disent qu’il faut y aller pour se rendre au boulot. Faut bosser ! Pas d’histoire ! Ben moi, je pense que c’est celui qui dit, qui y est, à la croix ineffaçable sans recul… Ou un truc comme ça ! S’amuser de rien ! Aujourd’hui, une amie nous a téléphoné pour savoir comment on préparait ce déconfinement… Ah bon parce que ça se prépare ce genre d’événement ! On a rien prévu, turlututu chapeau pointu… Aucun grand but dans cette nouvelle vie ! Zinédine, une suggestion ? Sandrine va télétravailler, et moi, faut que je fasse des papiers pour clôturer ma société. Une belle journée ! Et puis un de ces jours, il faudra bien faire les impôts – ils ne risquent pas de nous oublier – et pour moi chercher…un emploi bien payé. Toujours rêver… Oh les beaux jours que l’on voit s’annoncer ! Pas de quoi fouetter un chat, un tigre peut-être !
« Je tiens un tigre par la queue et ça se voit 
J’ai peur, je suis tout pâle et je perds du poids 
Oui mais si tu partais, je serais si malheureux 
Oh oui, je tiens un tigre par la queue… »
***
« Enfourcher un tigre ! »1 Belle idée ! Ça peut peut-être marcher ! L’idée n’est pas de moi. C’est notre Président qui en a la paternité. Enfourcher l’animal, le cravacher pour sauver du naufrage le bateau pneumatique culture. Le navire France, lui, vient de sombrer. Mais « Robinson Crusoé, quand le naufrage est là, il ne se prend pas les mains dans la tête en essayant de faire une grande théorie du naufrage. Il va dans la cale chercher ce qui va lui permettre de survivre. Il prend d’abord du jambon et du fromage, mais il a en lui cette capacité à réinventer une histoire unique»2. Ça aussi, c’est de Macaroni ! Drogué ! Elle est bonne ta blanche ! Pure, quoi ! Sainte poussière ! Moi aussi je veux planer, m’enflammer et me réinventer avec un peu de ta coke s’il te plaît. Malheur à moi. Ouf, j’ai au moins un masque pour m’en tirer !

*Petit Papa Noël – Tino Rossi
**Fête de trop – Eddy de Pretto
*** Je tiens un tigre par la queue – Claude François

1 et   extrait du Discours d’Emmanuel Macron du 5 mai 2020, sur l’aide au secteur culturel

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