Confinement – Jour 54

Diling diling diling – Voilà, c’est fini. Ce n’est pas la fin de la pandémie. C’est juste la vie qui reprend avec le virus. Pour le film post-apocalyptique on attendra l’après déconfinement, quand les clusters auront fleuri comme de belles fleurs rouges essaimant leur poison comme on tousse. Le huis clos était réconfortant ! Je sais, pas pour tous… La sociabilité a pris du plomb dans l’aile. 
« Hé toi 
Qu’est-ce que tu t’imagines ? 
Je suis aussi vorace 
Aussi vivante que toi 
Sais-tu 
Que là sous ma poitrine 
Une rage sommeille 

Que tu ne soupçonnes pas ?…. »*
Le virus, c’est les autres ! Suspicion ! Toutes ses respirations qui dévorent notre confiance. Fuir les non-masqués. Un réflexe de protection inconscient. Hier, une femme au Monoprix, a éternué dans ses mains. Elle les a regardées. Qu’allait-elle pouvoir faire de cette morve qui lui collait aux doigts. Elle a essuyé ses mains l’une dans l’autre. Étalé ses humeurs. Déjà, je visualisais le nuage d’exhalations putrides germer autour d’elle. En ramifications serrées, il s’étirait vers moi, emplissant l’air, le corrompant. Gangréné. Et ses mains, qu’allait-elle en faire, qu’allait-elle toucher ? Dégoût ! L’enfer c’est les autres ! Il faudrait pouvoir chasser les ombres inutiles, ces peurs irrationnelles, ces envies de meurtre, qui pourrissent dans ma tête dans ce genre d’instants ! Braises incandescentes de colère ! Et après ? Bah, la tuer virtuellement par exemple, laisser l’imagination prendre le relais. Passer en mode fiction : Les yeux de la femme se remplissent de sang. Elle se met à tousser, postillonnant la mort. Elle sue abondamment. Peut-être a-t-elle de la fièvre. Elle suffoque. S’écroule. Les yeux exorbités par la peur. À côté d’elle un homme se met à l’insulter : « Connasse, tu ne pouvais pas mettre un masque ! ». Il la maudit ! Personne n’ose s’approcher pour la secourir. Tout d’un coup une deuxième personne, qui ne porte pas de masque, s’effondre. Évanouie ? Non, ça ne peut pas être le même virus. Pas le Covid ! Interdite, j’essaye comme d’autres d’appeler les secours. « Putain, y’a pas de réseaux, ça ne capte pas ! ». Reculer ! Partir ? Est-ce que c’est comme ça qu’on se transforme en mort-vivant ? Les scénaristes du monde entier doivent être déjà sur le coup. Comment voient-ils la suite ? Collapse or not collapse ? En attendant le film, life goes on ! On fera avec !
« Je sais bien que demain tout peut changer
Je sais bien que le bonheur est passager
Mais après les nuages
Mais après l’orage
On voit se lever joyeux
L’arc-en-ciel dans vos yeux
Tout est beau comme un mirage
Quand la vie va mieux… »**

Après tout, ce n’est qu’une grippette ! Alors, juste par précaution, comme les autres, je danse. Je fais cette chorégraphie, dont je vous ai parlé hier. Le ballet de l’évitement ou le bal des vampires. Les pas ne sont pas difficiles à apprendre, et déjà connus de tous ! Optimisme ! Dans les gares, les agents de la Sncf ont imaginé le jeu, grandeur nature, du chat perché. T’es dans un cercle, t’as tout bon ! T’es à côté, t’es touché ! Partout des traits, des croix, des ronds s’inscrivent sur le bitume. Chic, on va pouvoir jouer au morpion ! Parcours fléchés pour mieux t’aiguillonner, pardon, non, t’aiguiller. Troupeau en rang, mais espacé. Vichy r’prend du galon ! Demain on va retrouver notre anormalité !
« Une cité de zombies 
Se réveille et revit 
C’est l’pari ? »***

Prenez soin de vous. Moi je m’éclipse avec tous mes masques !

*La grenade – Clara Luciani
** – La vie qui va – Charles Trenet
***Le pari – La tordue

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